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Comprendre l’Activité de Substitution et les Obsessions Chez Votre Chien

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TOC Canin : Comprendre l’Activité de Substitution et les Obsessions Canines

Comment savoir si votre Chien a des TOC ?

Quelles sont les origines de ce trouble canin ?

Comment pouvez-vous aider votre chien s’il souffre d’obsessions compulsives ?

L’activité de substitution, également connue sous diverses appellations telles que permutation, remplacement, toc, tic, comportement compulsif, obsession, ou stéréotypies, est un phénomène parfois préoccupant dans le monde du comportement canin.

Dans cet article, je vous livre mes recherches et expériences en vous plongeant dans les mécanismes complexes qui impliquent ce comportement chez nos compagnons à quatre pattes.

Avertissement : Certains passages pourraient heurter la sensibilité des plus fragiles.

Qu'est-ce que l'Activité de Substitution ?

L’activité de substitution se manifeste par une séquence de mouvements répétitifs et relativement invariants, dénuée de but ou de fonction particulière, ne possède pas de signal d’arrêt et nécessite donc l’intervention d’un stimulus extérieur pour être stoppé (McFARLAND, 2001).

Parfois qualifiée d’« activité à vide » ou associée plus généralement aux troubles obsessionnels compulsifs (TOC) connus chez l’humain, l’activité de substitution permet à l’animal de résoudre un conflit en évacuant une tension, tout en permettant une diminution du stress du sujet.

L’activité de substitution est en sorte une « soupape de sécurité comportementale », mais qui peut également indiquer un déséquilibre profond, qu’il soit physique, physiologique ou social.

Cette « stéréotypie » est induite par 3 éléments :

→ la frustration

→ la tentative d’adaptation

→ un dysfonctionnement cérébral

C’est généralement un signe de mal-être pour l’animal.

Les propriétaires de chiens peuvent participer au renforcement involontaire de l’activité de substitution chez leur chien par de multiples interactions.

Aussi, il est important de les identifier afin d’y apporter les meilleures solutions.

Vidéo d’un chien déclenchant des Toc sévères et renforcés par l’attitude des personnes autour :

Parallèles avec d'autres Espèces

Chez l’Homme, et comme le souligne le scientifique João Flores Alves dos Santos, le trouble obsessionnel compulsif est une maladie caractérisée par la présence d’idées obsédantes et de comportements compulsifs récurrents, ayant un impact négatif et parfois dévastateur sur le fonctionnement familial, social et professionnel du sujet atteint.

Les TOC se présentent chez l’homme sous différentes formes, tantôt physiques ou psychologiques, comme se ronger les ongles, avoir des doutes permanents concernant les actes de la vie (avoir bien coupé l’eau, avoir bien fermé la porte), peur d’être contaminé, d’être responsable d’une catastrophe, etc..

Les carnivores sont les animaux qui manifestent le plus de stéréotypies locomotrices en captivité (CLUBB et VICKERY – 2006).

Chez les félins, particulièrement les grands fauves (panthères, lions, tigres, guépards) élevés en captivité, on observe fréquemment des comportements répétitifs appelés stéréotypies locomotrices. Ces animaux sont souvent observés parcourant inlassablement le long d’une clôture ou d’une vitre, suivant un trajet toujours identique. Cette déambulation se caractérise par des pas lents, effectués d’un point à un autre, soit le long d’une ligne droite, soit en effectuant des cercles.

Chez l’éléphant, lorsque son environnement ne le stimule pas, il fait des mouvement de balancier.

Chez le cheval, des TOC peuvent être également observés comme se balancer (tics déambulatoires, tics à l’appui), ronger le bois des portes du box, etc.. Ils ont souvent pour but de faire sécréter au cheval des endorphines, ce qui a pour effet de le calmer. Dans certains cas comme le tic à l’air (ingestion d’air), cela permet au cheval souffrant d’ulcère d’avaler de la salive afin d’alcaliniser (rendre moins acide) les parois de l’estomac. La salive, riche en bicarbonate, constituant le principal tampon dans l’estomac.

Particularité de la Stéréotypie dans l’Anxiété de Séparation chez le Chien

Dans le cas spécifique de l’anxiété de séparation chez les chiens domestiques, l’activité de substitution peut être particulièrement prononcée en l’absence du maître. On peut alors observer des comportements tels que le marquage, les aboiements excessifs ou encore la destruction d’objets.

Comment différencier un comportement normal d’un TOC ?

Le chien peut parfois faire des fixations sur des objets statiques (porte fermée) ou en mouvement (balle), sans pour autant en subir une dépendance ni une « hyper-fixation ». Certains chiens disposant d’un instinct de prédation particulièrement élevé seront plus facilement sujets à des fixations qui encourageront à l’obsession.

Dans certains cours d’éducation canine, j’ai souvent observé des chiens très rebelles déclencher des sons mixtes tels que des aboiements grondés dès qu’ils apercevaient un de leur congénère exécuter un mouvement ou s’approcher d’eux. Les comportements devenaient tellement « auto-renforçant », que cela en devenait une obsession pour ces chiens.

Cependant, si le comportement est excessif, et qu’il nuit à la qualité de vie de l’animal, alors nous avons des stéréotypies.

Chez le chien, le PICA représente le comportement de manger des objets inappropriés. Bien que cela représente un comportement naturel dans la phase de socialisation primaire et période juvénile – le chiot mâchouille tout ce qu’il trouve afin de « goûter » et identifier son environnement, tout comme le bébé humain porte à sa bouche tout ce qu’il va avoir en main – un chien ado (6 mois d’âge de vie) ou adulte adoptant ce comportement relève du TOC, et présente un risque pour la santé de l’animal.

Recherches et Études Scientifiques des Obsessions Canines

Les manifestations de l’activité de substitution chez les chiens peuvent être diverses et parfois troublantes pour les propriétaires.

Vidéo d’un chien tournant en rond après sa queue, associé à des sons mixtes :

Cela peut apparaître chez tous les chiens, mais certaines races peuvent êtres prédisposées à ces troubles (BLACKWELL et al. 2012). Le Bull Terrier souffre assez fréquemment de TOC (DODMAN et al. – 1993).

Quelques signaux cliniques étudiés sur certaines races (OGATA – 2015 ) :

Bull Terrier : Poursuite de la queue, Tourne sur lui même, Figement

Berger allemand : Poursuite de la queue, Tourne sur lui même, hallucinations

Dogue allemand : Auto-mutilation, stéréotypies moteur, hallucinations

Dalmatien, Rottweiler : hallucinations

Dobermann : Succion de flanc, léchage excessif

Border Collier : Fixations sur les ombres

Bouvier australien : Poursuite de la queue

Schnauzer nain : Vérifications de l’arrière-train

Shiba-Inu : Poursuite de la queue, auto-mutilation

Chien de grande taille + 50kgs : léchage excessif, compulsion d’une région spécifique de l’anatomie entraînant des ulcères (granulome).

Retrievers (Golden & Labrador) : Mâchouillage de cailloux. Cavalier King Charles : hallucinations. (DODMAN, MOON-FANELLI, OSTRANDER – 1996)

Cavalier King Charles, Schnauzer miniature, Berger blanc suisse :  chasser les mouches imagines (hallucinations), léchages excessif (Frank et al – 2012 ; Wrzosek et al – 2015).

Les diagnostics des obsessions peuvent inclure : Comportement de déplacement ; Comportement de recherche d’attention ; Convulsions ; Lésions cérébrales centrales ; Neuropathies sensorielles ; Maladies infectieuses ; Maladies métaboliques ; Exposition à des toxines ; Maladies dermatologiques ; Traumatisme ; Maladies dégénératives.

Stéphanie BORNS-WEIL, directrice du programme de la clinique du comportement animal de TUFTS a étudié quelques stéréotypies chez le chien, notamment un Dobermann qui avait l’habitude de placer des serviettes en papier à côté de sa nourriture avant de commencer à manger. Si son propriétaire omettait cette étape, le chien refusait de s’alimenter. Un autre chien prenait ses croquettes une par une et les déposait dans les boutons du coussin du canapé dans le salon avant de manger le reste de sa nourriture dans la gamelle.

Bien que ces études permettent d’identifier certaines causes sous-jacentes, il est trop rarement rapporté que l’animal aurait pu être conditionné ou renforcé au préalable par ses propres actions dans les phases d’apprentissages, ou par l’humain dans le quotidien.

Exemple : le maître de façon directe, volontaire ou involontaire, en apprenant au chien certains « tours » et en sur-mobilisant l’attention de son chien sur des pratiques inappropriées ou inadaptées. Jeux portés uniquement sur de la prédation (lancé de balles) ou uniquement sur des rapports de force (faire mordre sur des chiffons, cordes à nœuds).

Autre exemple : un promeneur (ou un facteur) longe la clôture et le chien déclenche une agressivité territoriale à l’approche de l’individu – ce comportement renforcé régulièrement peut provoquer des stéréotypies locomotrices (chien qui fait des va-et-vient le long de la limite de propriété au moindre bruit autour de la clôture).

La territorialité excessive autorisée par le maître qui se targue d’avoir un chien « qui monte la garde » deviendra une obsession, qui par habituation permettra au chien de généraliser ses phases de fixations sur tout individu. Les agressivités deviendront la norme, et les interactions dans la vie en société pourraient devenir un calvaire.

Pour le chien domestique, tout ce qui n’est pas formellement interdit est partiellement autorisé, et tant que le maître ne redirigera pas l’énergie du chien dans autre chose, ou qu’il ne prendra pas en compte les besoins éthologiques de son chien, alors le problème persistera, et se renforcera.

Études de la Génétique dans les Obsessions Canines Compulsives

Judith RAPOPORT, psychiatre, a commencé à étudier les TOC chez les chiens après avoir constaté des similitudes entre leurs comportements compulsifs et ceux des humains. Elle a constaté que les médicaments utilisés pour traiter les TOC humains, comme le Prozac, avaient également des effets positifs sur les chiens atteints de TOC.

Cette découverte a incité à mener des études approfondies sur les comportements compulsifs chez les chiens, suscitant un intérêt croissant des chercheurs pour la génétique canine. Des recherches ont mis en lumière des similitudes entre les comportements compulsifs chez les chiens et les humains, et ont également apporté des découvertes prometteuses sur les gènes impliqués dans ces troubles.

Elaine OSTRANDERchef du Département de génomique comparée et de génétique du cancer de l’Institut national de recherche sur le génome humain. Son laboratoire a développé des bases de données génétiques canines utiles en médecine vétérinaire, et qui pourraient également servir aux humains. Elle a étudié toutes sortes de maladies chez le chien – dont les maladies infectieuses, le cancer, le diabète, les maladies des reins, la rétinite pigmentaire, et la goutte.

En 1994, le vétérinaire Nicholas DODMANspécialiste du trouble compulsif canin, s’est associé à Alice MOON-FANELLI – une spécialiste de la génétique comportementale, pour aider à analyser le génotype de ses patients canins. OSTRANDER fournissait les données génétiques brutes, tandis que MOON-FANELLI s’occupait des phénotypes (l’expression des gènes, c’est-à-dire les traits observables) : caractéristiques comportementales, race, lignée, âge du chien, etc.

Une étude réalisée en 2011, sur plus de 300 chiens de race Bull Terrier a démontré que 43,5% d’entre eux présentaient un comportement de poursuite de la queue, dont principalement des mâles. Une association étroite entre la poursuite de la queue, le comportement de se figer et l’agression épisodique avait été identifiée (DODMAN, MOON-FANELLI, FAMULA, COTTAM).

Vidéo d’un chien chassant les ombres :

Influence de la Cadhérine Neuronale

DODMAN a exploré les similitudes entre le TOC chez le chien et le TOC humain.

En 2008, il décide de passer ses théories à un cadre clinique après sa première collaboration réussie sur l’analyse génomique des Pinschers Dobermann. Cette étude, menée avec 92 Pinschers Dobermann présentant des comportements de succion et 68 Dobermann témoins, a identifié un gène comportemental lié au TOC appelé cadhérine neuronale ou CDH2.

Qu’est-ce que la cadhérine neuronale ?

La cadhérine neuronale, également connue sous le nom de CDH2, est une protéine impliquée dans le développement des récepteurs au glutamate dans le cerveau. Elle a été identifiée comme étant associée au trouble obsessionnel-compulsif (TOC) chez les chiens. Son rôle dans la régulation des neurotransmetteurs comme le glutamate suggère son importance dans les mécanismes neurobiologiques sous-jacents aux TOC.

Des études ont suggéré que l’expression de la cadhérine neuronale pouvait être associée à l’agressivité et à la métastase de certains cancers chez les chiens (GAMA et SCHMITT – 2012).

Les cadhérines sont par ailleurs la porte d’entrée d’agents pathogènes et sont également source de cancer car les cellules, sous l’action de métalloprotéinases, perdent leur cadhérine ce qui est à l’origine de métastases.

Concernant les protocadhérines (PCDH), elles font partie des différentes variations de cadhérines séquencées par l’Homme. Elles interviennent dans le système nerveux central ainsi qu’au niveau du guidage axonal permettant l’homéostasie et la morphogénèse.

Étude des Traitements pharmacologiques des Obsessions – Perspectives Humaines et Canines

DODMAN, en collaboration avec Michael JENIKE, a étudié l’efficacité d’un médicament ciblant le glutamate, le memantine, sur des patients atteints de TOC.

Les résultats ont montré une réduction significative des symptômes chez les patients recevant à la fois des médicaments augmentant les niveaux de sérotonine et le memantine, comparé à ceux ne recevant que les médicaments augmentant les niveaux de sérotonine.

Ces résultats ont été confirmés par une étude ultérieure menée en février 2016 par un groupe dirigé par Dan STEIN, qui a identifié deux différences dans le gène CDH2 liées au TOC chez les humains.

Grâce à une analyse génomique sur les chiens atteints de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sévères et légers, il a été identifié deux zones d’intérêt. La première, chez les humains, est associée à un risque accru de schizophrénie, tandis que l’autre abrite des gènes des récepteurs de la sérotonine (DODMAN – 2016).

Bien que la recherche sur les modèles animaux puisse offrir des perspectives importantes sur la compréhension des TOC, elle présente également des défis, notamment le manque de capacité des animaux à communiquer leurs pensées. Malgré cela, les découvertes dans le domaine de la génétique canine offrent de nouvelles pistes pour comprendre les bases biologiques des TOC chez les humains.

Exemple de TOC sévère chez le chien – « Granuloma Canin » provoqué par des léchages excessifs (Stéréotypies de toilettage) :

Je pourrais citer des centaines d’obsessions canines rencontrés dans mon activité d’éducateur canin comportementaliste, mais en voici quelques unes les plus récentes :

Largo, un bull terrier blanc de 2 ans, qui avait l’habitude de tourner sur lui-même pour attraper sa queue, se trouvé encouragé par les cris des enfants voyant la situation.

Nala, une Boxer de 3 ans obsédée par les balles et ne répondait plus de rien lorsqu’elle se retrouvait face à un groupe d’enfants jouant au ballon.

Falco, un Golden Retriever de 7 ans obsédé par l’eau. Lorsqu’il allait dans la résidence secondaire de de son maître, il sautait dans la piscine et nageait pendant des heures sans vouloir en sortir, avec constat clinique de gémissement à répétitions lorsqu’il nageait.

Renforcement de stéréotypies locomotrices par prédation et fixation sur le gazon :

La vidéo suivante met en lumière comment la présence d’une barrière physique, la sensation d’enfermement ainsi que la proximité d’un autre congénère peuvent favoriser une réaction excessive de territorialité. Il existe d’autres vidéos où une simple porte en verre remplace le portail… Le phénomène reste identique, les chiens développent des « hallucinations », ou stéréotypies dans lesquelles ils semblent coupés du monde et développent des hyper-agressivités par irritation.

Ce cas de figure représente un syndrome dissociatif canin qui sur le plan clinique se manifeste par des troubles de l’humeur et des réactions disproportionnées à des stimuli internes ou externes.

Observations et Explications des Comportements Compulsifs Chez les Chiens :

Tourner après sa queue : Ce comportement, bien que parfois considéré comme un jeu chez les chiots, peut devenir une obsession compulsive chez certains chiens, les poussant à poursuivre leur propre queue de manière incessante, ce qui peut entraîner des blessures et des dommages à la queue.

Fixations sur les ombres ou les reflets (phénomènes d’hallucinations) : Certains chiens peuvent devenir obsédés par les ombres ou les reflets qui se manifestent sur les murs ou le sol. Ils peuvent passer de longues périodes à poursuivre ou à aboyer après ces stimuli, ce qui peut entraîner une détresse émotionnelle et un comportement compulsif.

Comportements stéréotypés en chenil : Les chiens maintenus dans des environnements restreints comme les chenils peuvent développer des comportements stéréotypés répétitifs, tels que le tournoiement en cercle, le saut répété, ou le hurlement. Ces comportements sont souvent considérés comme des manifestations de stress et d’ennui, mais dans certains cas, ils peuvent devenir compulsifs.

Compulsions alimentaires : Certains chiens peuvent développer des compulsions liées à la nourriture, comme le fait de manger des objets non comestibles (pica) de manière répétitive et dangereuse. Cela peut entraîner des obstructions intestinales et d’autres problèmes de santé graves.

Compulsions de léchage et de mastication excessives : léchage excessif des pattes ou du corps (stéréotypie de toilettage). Certains chiens peuvent développer une obsession pour le léchage ou la mastication de différentes parties de leur corps, y compris les pattes, les flancs ou même les meubles. Ces comportements peuvent causer des lésions cutanées (dermatoses, alopécie, plaie de léchage), des irritations, des infections, et le rongement excessif des griffes peut entraîner l’amputation du doigt.

Stéréotypie locomotrice : faire les va-et-vient le long des clôtures, comme certains animaux en parc zoologiques, l’animal fait « les 100 pas » en empruntant toujours le même chemin.

Parmi les stéréotypies canines observables, nous avons aussi : l’automutilation, les aboiements / hurlements intempestifs, les comportements contradictoires (chien qui, en présence de son maître se met à creuser alors qu’il vient de recevoir l’ordre de s’asseoir ou de se coucher).

Origines Possibles des Troubles Obsessionnels, et Compulsifs :

Plusieurs facteurs peuvent concourir à déclencher des activités de substitutions chez nos compagnons canins, qu’ils soient interconnectés ou distincts les uns des autres  :

L’ennui et le manque d’activité : Lorsque l’animal s’ennuie, et d’une manière générale le manque d’activité et/ou de sollicitations de celui-ci.

→ Anxiété sévère : Lorsque l’animal est soumis à un stress trop intense et qu’il n’a pas la faculté homéostatique à gérer ses émotions.

Structure sociale incohérente : Lorsque l’équilibre hiérarchique n’est pas mis en place à la maison.

Décisions contradictoires de la part des maîtres : cela entraîne des situations d’anxiété chez l’animal, et selon la fréquence et l’intensité », peut être un élément déclencheur d’activité compulsive.

→ Désorientation territoriale ou sensorielle : Lorsque le chien se retrouve dans un milieu où il n’a plus ses repères habituels (chenils, pensions, etc.), ou qu’il est confronté à des conditions météo auxquelles il n’est pas habitué (chien qui n’est pas sorti par temps de pluie).

→ Hypo-activité soudaine : Lorsque le chien se retrouve sans activités du jour au lendemain. Exemple : chien de travail (gardiennage ou sportif RCI, Ring, etc) qui du jour au lendemain ne pratique plus aucune activité avec son maître car celui-ci s’est blessé. Cette hypo-activité peut devenir un phénomène déclencheur d’activité de substitutions.

→ Perturbations sociales et interactives : Lorsque le chien subit des perturbations dans la structure sociale comme l’arrivée d’un bébé qui va prendre la place du chien dans la vie affective des parents. Autres exemples : les traumatismes tels que les blessures ou maladies du maître (manque d’activité physiques ou cérébrales pour le chien qui est à placé en corrélation avec l’hypo-activité soudaine) ou décès du propriétaire (perte d’habitudes, perte de repères, peu d’activités, nouvel environnement du chien parfois pas adapté).

→ Transfert affectif : Les situations de séparations et de divorces, qui peuvent perturber profondément le chien, notamment lorsque le maître opère un transfert affectif et émotionnel sur son animal.

Défaut de socialisation ou d’apprentissage : le chien qui n’a pas été correctement socialisé ou qui n’a pas appris à canaliser son énergie de manière appropriée peut développer des comportements compulsifs comme le rongement des griffes. Les chiots qui n’ont pas été exposés à une variété d’environnements et de situations peuvent être plus susceptibles de développer des comportements compulsifs à l’âge adulte.

Sensibilité extrême aux stimuli externes : Les chiens peuvent être sensibles à certains stimuli externes, tels que les bruits forts, les changements dans l’environnement domestique, ou même les sensations physiques inconfortables. Si leur tolérance au stress est réduite ou s’ils ne sont pas correctement socialisés (notamment lors de l’établissement du seuil homéostatique), ces stimuli peuvent déclencher des comportements compulsifs.

→ Présence de pathologies : troubles neurologiques (épilepsies, ataxies…), troubles du développement morpho-anatomique (boite crânienne devenue trop petite pour l’encéphale (cavalier King Charles, Chihuahua, Bull Terrier), troubles cardiaques, troubles rhumatologiques, troubles hématologiques (maladies sanguines), etc. Pour plus de précisions à ce sujet, consultez votre vétérinaire.

→ Génétique : Influence de la cadhérine neuronale ou CDH2 (MOYA, DODMAN, TIMPANO et al 2013); taux élevé de neuropeptides chez le Bull Terrier encourageant les stéréotypies locomoteurs (figements), anomalies structurelles du cerveau sur le Pinscher Dobermann encourageant les stéréotypies de toilettage (léchage excessifs) – (OGATA, 2015).

Traitement des TOC Chez le Chien

Comment traiter les activités de substitutions chez le chien ?

Mon chien a des troubles obsessionnels, comment je peux l’aider ?

Si mon chien a des tocs, que dois-je faire ?

Le traitement des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) chez les chiens peut être complexe et nécessite souvent une approche multi-facette. Le traitement consiste généralement en une combinaison de manipulation de l’environnement pour réduire ou supprimer les stimuli et les facteurs de stress initiateurs, de modification du comportement pour inciter le chien à adopter d’autres comportements, et d’approches pharmacologiques pour les troubles les plus sévères. (OGATA – 2015)

 

8 Conseils dans la Gestion des Obsessions Chez Votre Chien

1 – Évaluation par un vétérinaire : Afin d’obtenir un diagnostic précis et un plan de traitement adapté à votre chien si celui-ci souffre d’une pathologie particulière (exemple : épilepsie, insuffisance pancréatique, trouble neurologique, etc..). Si les troubles pathologiques sont écartés, alors on peut s’intéresser au sujet sur le plan comportemental.

2 – Environnement enrichi : Offrez à votre chien un environnement stimulant avec  des promenades régulières, des séances d’entraînement à l’obéissance, et d’autres activités qui peuvent contribuer à réduire l’ennui et le stress.

3 – Gestion du stress : Identifiez et éliminez autant que possible les sources de stress dans l’environnement de votre chien. Cela peut inclure l’utilisation de phéromones apaisantes,  ainsi que l’entraînement à la désensibilisation et au contre-conditionnement.

4 – Exercice physique adéquat et jeux : Assurez-vous que votre chien reçoit suffisamment d’exercice physique pour libérer l’énergie accumulée et favoriser le bien-être mental. Les promenades régulières, les sessions de jeu et d’autres activités physiques peuvent aider à réduire l’anxiété et les comportements répétitifs.

Le but dans le cas précis des obsessions est de faire en sorte que le chien puisse « passer à autre chose » sans se focaliser sur le même objet, ou le même comportement.

Alterner entre différents jeux et séquences comportementales, de façon répétées (plusieurs petites séquences par jour, pendant plusieurs jours), en étant à l’origine du déclenchement des jeux et en décidant de QUAND on les arrête.

Le maître devra observer les effets produits au bout de 1 à 2 semaines (selon le caractère, l’énergie, et l’âge du chien).

5 – Éducation comportementale : Utilisez des techniques d’entraînement à l’obéissance pour enseigner à votre chien des comportements alternatifs et plus appropriés. Renforcez les comportements calmes et détendus, et découragez les comportements compulsifs en redirigeant l’attention de votre chien vers des activités plus appropriées.

6 – Thérapie comportementale cognitive : En collaboration avec un éducateur comportementaliste canin, vous pouvez mettre en place un programme de thérapie comportementale sur mesure pour aider votre chien à surmonter ses TOC. Cela peut inclure des séances de désensibilisation et de contre-conditionnement, ainsi que d’autres techniques de modification du comportement.

7 – Modification de l’environnement : Identifiez et éliminez les déclencheurs ou renforçateurs potentiels des comportements compulsifs dans l’environnement de votre chien.

Par exemple, si votre chien tourne après sa queue en réponse à l’ennui, et qu’il est encouragé par les cris des enfants que cela amuse, alors encouragez les enfants à ignorer le comportement de l’animal.

Ignorer est une façon de ne pas renforcer un comportement, et cela s’avère être l’un des conseils les plus universels et les plus applicables (y compris dans le traitement de la peur chez le chien).

Expliquez-leur que si l’on s’intéresse de trop à ce que le chien fait, cela risque d’aggraver la situation. Faites-les participer aux activités de nourrissages et d’obéissance de votre chien afin de les responsabiliser avec pédagogie.

Intéressez vos enfants et vos proches au côté éducatif et apprentissage, et pas uniquement au côté « jeu, distraction, agitation. »

Si votre chien souffre de pica, lui faire porter une muselière uniquement dans les situations déclenchantes (s’il ne fait cela qu’en promenade par exemple) permettra de lui éviter d’ingérer des choses inappropriées et qu’il ne se rendre malade ou qu’il ne se blesse.

Au bout de quelques jours, en complément du maintien des règles de vie, du respect des lois de l’apprentissage des canidés, et du travail éducatif répété, comme ce comportement ne sera plus présent, il ne sera plus renforcé, et finira (logiquement) par disparaître.

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8 – Compléments alimentaires ou médicaments : Dans certains cas, les huiles essentielles de fleurs de Bach ou CBD ont apporté des améliorations dans certains cas de chiens très nerveux, et dans des cas extrêmes (troubles les plus graves), des médicaments peuvent être recommandés par un vétérinaire pour aider à gérer les TOC chez les chiens. Ces options peuvent inclure des anxiolytiques, des antidépresseurs ou d’autres médicaments prescrits spécifiquement pour le traitement des troubles comportementaux.

Ce dernier point représente une aide potentiellement efficace selon les dernières études réalisées, et selon les caractères inter-individuels de chaque chien, en aucun cas cela ne constitue des conseils vétérinaires ou une démarche à suivre. Avant toute intervention, Consultez Votre Vétérinaire.

Conclusions

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et les troubles obsessionnels (TO) sont des phénomènes principalement observés chez les chiens vivant à l’état domestique, en raison des influences environnementales (conditions de vie avec les humains).

À l’état sauvage, les canidés sont soumis à des critères sélectifs qui favorisent des comportements adaptatifs en vue de la survie et de la reproduction.

Les comportements répétitifs ou obsessionnels, tels que le léchage excessif ou la poursuite obsessionnelle de la queue, ne sont pas des traits typiques observés dans les populations de chiens sauvages (Beaver – 1999).

Ces comportements compulsifs peuvent être le résultat de divers facteurs environnementaux et génétiques, tels que le confinement prolongé, le manque de stimulation mentale et physique, les changements de routine, le stress chronique, voire des prédispositions génétiques à des troubles de l’anxiété (Landsberg – 1991).

A l’état domestique, les chiens sont souvent soumis à des situations qui diffèrent considérablement de leur environnement naturel, et certains mode de vie des maîtres ne correspond pas aux besoins éthologique du chien, ce qui peut entraîner des problèmes d’adaptations comportementales.

Il est important de noter que le traitement des TOC chez les chiens peut prendre du temps et nécessiter de la patience et de la persévérance de la part du propriétaire.

Une approche éthologique holistique, combinant différentes stratégies de traitement, est souvent la plus efficace pour aider votre chien à retrouver un comportement équilibré et sain.

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